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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 17:15

Une émission de FRANCE CULTURE

Au fond des paniers, en lieu et place des carottes, pommes de terre, radis, et autres légumes terreux et rebondis, des CDs, des DVDs, et des places de spectacle vivant. Le concept d'AMAP culturelle, né à Nantes il y a deux ans, a depuis fait des petits : après Toulouse, Lyon, Strasbourg.... c'est Lille qui va inaugurer son premier panier ce 12 février. A sa façon, puisque chaque ville, chaque association, a décliné le concept à sa manière.

Comment a germé cette idée ? Se propage-t-elle, ou reste-t-elle bornée aux quartiers de quelques villes ? Quel succès rencontre-t-elle aujourd'hui ? Nous avons empoigné notre combiné téléphonique afin de contacter les diverses associations qui, en province, ont lancé le "panier culture".

Nantes, berceau du "panier culture"

C'est un collectif appelé "Entraide et artistes" qui, en 2011, a eu l'idée de recycler le concept d'AMAP afin de proposer un partenariat culturel entre les artistes locaux et le public.

Dès lors, les médias ont commencé à parler "d'AMAP culturelle", ce qui est un peu détonnant lorsqu'on connaît l'étymologie de l'acronyme AMAP, qui signifie "Association pour le maintien d'une agriculture paysanne".

A l'époque, Anne-France Kogan est l'une des premières à "contribuer"  (les clients sont appelés "contributeurs") au premier panier culturel lancé à Nantes. Car l'idée l'a de suite séduite. Depuis, elle est d'ailleurs devenue responsable de communication pour l'association AP3C, créée au moment de l'expérimentation, en 2012, de ce nouveau circuit court de la culture à Nantes.

Aujourd'hui, quatre paniers sont distribués tous les ans et les paniers culturels nantais comptent presque cinquante contributeurs, contre trente-cinq en 2012. Les quarante-cinq euros que coûte chaque panier (qui comptent trois produits culturels) sont intégralement reversés aux artistes.

Anne-France Kogan reconnaît que les contributeurs se bousculent moins au portillon de l'association... que les journalistes, intrigués par le concept :

 

 

 

Offrir un nouveau circuit avec de nouvelles ressources pour les artistes, c’était un peu ambitieux. Peut-être que ça les fait connaître, mais ça reste limité. En revanche, pour ceux qui contribuent aux paniers, c’est passionnant de découvrir la façon dont est distribué un film, dont un artiste s’inspire pour tel type de photographies… C’est cette proximité avec les artistes qui s’avère passionnante.
Anne-France Kogan

Et les contributeurs ? Comment vivent-ils le fait de se voir proposer un contenu culturel qu'ils n'ont pas choisi ?

Véronique Mai, céramiste et ancienne psychologue, s'est inscrite pour cette nouvelle saison du panier culturel nantais, dont elle suit les pérégrinations depuis l'an dernier. La jeune femme investissait déjà dans le système d'AMAP (agricole), charmée par la dimension solidaire de ce mode de diffusion. Elle dit apprécier ses rencontres avec les artistes lors des événements organisés par l'association, aimer se laisser surprendre par une offre culturelle non choisie, tout en reconnaissant qu'il existe un revers à la médaille :

Anne-France Kogan affirme d'ailleurs que l'association AP3C préfère déposer dans les paniers des places pour les spectacles vivants, que des biens plus matériels : "C'est moins gênant de découvrir un spectacle vivant qu’on n’apprécie qu’à moitié, que d’avoir un livre ou un CD qu’on n’apprécie qu’à moitié."

 

Des petits partout en France

 

panier-culturel.jpg

Nantes, Toulouse, Pau, Saint-Étienne, Lyon, Strasbourg... Le panier culturel a beau ne compter qu'une petite clientièle, il gagne partout des suffrages grâce au bouche à oreille.

Certaines associations ont même pensé le concept comme modèle économique, à l'instar du Hall des chars, à Strasbourg, une structure culturelle qui compte plusieurs salariés. Quant à l'association ZAM, à Lyon, qui a lancé un panier culturel en mars 2013 et dénombre aujourd'hui 70 contributeurs, elle est aujourd'hui en quête de subventions lui permettant de créer de l'emploi, confie Anne Bais, sa co-présidente.

Frédéric Francès est, depuis peu, président de l’association Art’n Cie qui a lancé le concept du panier culturel dans la ville rose, il y a plus de deux ans. Une association qui s'est inspirée de l'idée de celle de Nantes pour proposer des paniers trimestriels, et qu'il a d'abord connue en tant que contributeur.

A l'inverse de l'association nantaise, Art'n Cie garnit surtout ses paniers avec "du concret" : CDs, DVDs, livres, reproduction d’œuvres plastiques, lithographies, toiles originales. "Il est plus difficile de proposer des places de spectacle vivant, car trop peu de paniers sont vendus, et en plus, les compagnies qui sont présentes dans l’association sont en tournée sur une semaine maximum."

Art'n Cie se singularise par le profilage qu'elle fait de ses contributeurs, pour choisir ce qui sera mis dans leurs paniers respectifs :

 

 

 

Ce qui est intéressant, c’est ce circuit court entre les artistes et leur public : on se passe de distributeurs, de tourneurs, de producteurs, etc. Frédéric Francès

A Lille, la jeunesse prend le relais

Laudine a 25 ans et appartient à l'association Kilti qui a décidé, tout récemment, de donner sa chance au panier lillois. C'est une amie, revenue d'un séjour à Nantes, qui lui a parlé du panier culturel.

"Comme Nantes, Lille est une ville à fort potentiel culturel. Mais au final, on se retrouve toujours dans les mêmes salles de spectacle. Alors, on a voulu diversifier nos  horizons culturels".

Le premier panier sera distribué le 12 février, et compte déjà soixante-cinq inscrits. Un beau score :

"Pour le premier, le tarif est très bas : 35 euros. L'association ne dégage aucun bénéfice, tout va aux artistes", confie Laudine, qui espère "faire un petit chiffre", à terme. Kilti tente également de mettre en place des demandes de subventions pour faire vivre le projet.

 

 

Et dans la capitale ?

Une petite dizaine de villes sont aujourd'hui dotées d'un "panier culture". Mais celui-ci n'a pas encore atteint Paris. Pourquoi ?

"Qu’il n’y en ait pas à Paris, ça ne m’étonne pas trop. Dans notre panier, il y a eu une diffusion publique du projet, mais les gens sont venus par des réseaux de proximité. Ce sont des amis d’amis à qui je fais confiance… On verse trois fois 45 euros sans savoir ce qu’on va avoir. Certains peuvent se demander si ce n’est pas une idée d’hurluberlu !...", avance Anne-France Kogan.

Laudine Verbraeken, qui a réalisé une petite étude de marché du panier culturel, a également réfléchi à la question : "Peut être que plus l'offre culturelle est variée dans une ville, et plus c'est difficile à mettre en place parce qu'à Paris les gens ont déjà une habitude culturelle très forte de sorties, de concerts..."  

Frédéric Frances lui, aimerait y croire : "C’est une idée qui plaît beaucoup, j’ai pas mal de connaissances à Paris qui sont aussi dans le milieu artistique et culturel et sont intéressées pour lancer ça !"

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Published by PONT DU CASSE POUR TOUS - dans Culture
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